Paranoïa et délires paranoïaques
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Paranoïa et délires paranoïaques
Paranoïa et délires paranoïaques
I) Définition
C’est d’abord un caractère qui peut se situer dans les limites de la tolérance sociale ou s’en écarter notablement. Il devient pathologique soit par le biais de certains troubles du comportement, soit par son association avec un certain type de délire chronique. Le délire paranoïaque est caractérisé par le développement insidieux d’un système délirant durable, inébranlable, allant de pair avec la conservation de la clarté, de l’ordre dans la pensée, du vouloir et de l’action.
Le caractère paranoïaque est plus fréquent chez l’homme. L’âge du début des manifestations délirantes est aux environs de la quarantaine.
II) Clinique du caractère paranoïaque
Quatre traits fondamentaux :
- Hypertrophie du moi : Trouble majeur. Considéré comme le trouble princeps d’où découlent la psychorigidité, l’obstination, l’intolérance, le mépris d’autrui et le fanatisme. Entraîne un orgueil ambitieux, la vanité (masquée par une fausse modestie superficielle, parfois).
- Méfiance : Prépare les sensations de persécution par autrui et les sentiments d’isolement. Sujet se sent entouré d’un univers malveillant et envieux. Associé à la susceptibilité, à la réticence et à l’hyper-vigilance.
- Fausseté du jugement : Secondaire à la pensée paralogique. Se traduit par des interprétations fausses et un subjectivisme pathologique. Se fonde sur un système où domaine un sentiment de persécution ou de grandeur. Autocritique et doute impossible, autoritarisme et intolérance tyrannique vis-à-vis de l’opinion de l’entourage.
- Inadaptation sociale : Conséquence des trois traits ci-dessus + incapacité à subir une discipline collective. Tendance à l’isolement, à l’égocentricité. Sociabilité faible malgré la présence de mouvements pseudo-altruistes. Attitude globale exaltée, rigide avec un comportement revendicatif, rancunier et quérulent. Réussite sociale parfois surprenante.
Formes cliniques :
- Personnalité paranoïaque de combat : Caractérisée par le fanatisme. Paranoïaque est querelleur et obstiné. Surestimation de soi et méfiance en second plan.
- Personnalité paranoïaque de souhait : Caractérisé par la dominance de l’isolement, de la fausseté du jugement, du sentiment de supériorité (idéaliste, inventeur méconnu).
- Personnalité sensitive de Kretschmer : Personnalité asthénique favorisant un délire paranoïaque de type sensitif :
• Paranoïa : Méfiance présente, susceptibilité à la limite du délire de persécution. Pas d’hypertrophie du moi, il est fragilisé.
• Psychasthénie : Scrupulosité extrême avec sentiment d’insatisfaction globale qui masque l’orgueil et l’ambition. Tendance à l’introspection douloureuse et permanente de la vie affective sans possibilité d’extériorisation (rétention des affects).
• Dépressivité : Asthénie ou hyposthénie au premier plan. Culpabilité domine la lutte intérieure. Si revendications, elles sont de type hypocondriaque.
• Sensitivité : Hyperesthésie des contacts sociaux. Sujet impressionnable. Hyperémotivité ressentie ne débouche sur aucune décharge émotionnelle. Elaboration en profondeur de sa souffrance (silencieuse, sentiment d’échec social).
III) Clinique du délire paranoïaque
Caractères communs de délires :
- Débute sur un terrain caractériel paranoïaque : Quand conflit psychoaffectif d’importance variable.
- Essentiellement interprétatif : Tout est significatif et interprété, ce qui est perçu est revêtu d’une signification sans rapport avec la réalité. Ces interprétations portent autant sur le monde subjectif internet du sujet que sur l’extérieur.
- Logique : Part toujours du réel, les interprétations conservent un caractère vraisemblable si bien que le délire est souvent partagé par l’entourage.
- Systématisé : Car bien construit, stable et soumit à des enrichissements à la faveur d’interprétations délirantes, il s’organise et s’étend mais ne varie pas. Enfin, il est habituellement centré sur un groupe social ou une personne, c’est un délire de relation sociale.
- Chronique : Durée supérieure à 6 mois.
Formes cliniques :
- Délires passionnels : Tous sont caractérisés par une participation émotionnelle, affective et thymique autour d’un postulant de base. Thème prévalent et obsédant relié à un fait déterminé. Il existe une revendication affective ou matérielle (lettres, procès, menaces, etc…). Excitation intellectuelle présente.
• Délire de revendication : Inventeur méconnu, quérulent processif, délire de filiation ou hypocondrie de type persécutif. Sinistre à l’origine du délire. Le sujet va essayer de tirer un maximum de bénéfices de son accident (on lance le système de revendication).
• Délire érotomaniaque : Se développe en trois temps, à savoir l’espoir (attente, cadeaux, lettres), le dépit et la rancune (injures, menaces contre l’objet du désir). Pour le patient, c’est l’objet (qui a un poste ou un statut plus élevé que le patient) qui a commencé. Désir et passion à la base du délire. Lors de la phase de dépit, la revendication est absente, passagère ou secondaire. Les interprétations vont venir renforcer la position passionnelle. Fréquent chez les femmes seules de 40 à 55 ans.
• Délire de jalousie : Début insidieux avec installation d’idée fixe et obsédante confortée par des interprétations. Le sujet cherche continuellement de nouveaux sujets d’inquiétude. La réalité de la conduite du conjoint ne suffit pas à éliminer le diagnostic. Les hommes seraient plus souvent atteints que les femmes. Délire pathologique causé par l’inadéquation de la réaction jalouse (cherche des preuves partout), la projection de ses propres fantasmes sur le tiers du même sexe. Triangulation de la relation permet une relation imaginaire, conflictuelle, homosexuelles où se projettent haine, amour et frustration. Mécanismes interprétatifs et illusions mnésiques (construction de souvenirs). Différent de la pathologie de l’alcoolique chronique, de la schizophrénie paranoïde ou de la démence sénile.
- Délires d’interprétations : Se construisent autour de plusieurs idées qui sont des interprétations centrées sur le fait que tout ce que le sujet perçoit doit avoir une signification qu’il rapporte à sa personne. Le sujet à l’impression qu’on le regarde, qu’on chuchote sur son passage. Puis il élabore des interprétations en système cohérent, remonte le cours de son existence pour y trouver des indices qui lui apparaissent comme des faits significatifs qui lui démontrent la vérité de son système délirant. Peut s’accompagner d’intuitions et d’illusions perceptives corporelles. Phénomènes hallucinatoires exceptionnels. On retrouve trois thèmes majeurs, la persécution, la mégalomanie, les idées de références. Parfois, thématique tellement cohérente que l’entourage prend les mêmes précautions que le délirant (délire à deux, délire induit). Structure se développe en réseau puis la conviction devient absolue. Plus de place pour le doute.
• L’humeur : Peu exaltée. Dans les moments féconds, on peut observer des actes à conséquences médico-légales (plaintes au commissariat, dénonciations, agressions et parfois meurtres du ou des persécuteurs désignés).
• L’évolution : Emaillée de moments féconds avec réactivation du délire, des périodes d’excitation ou de dépression. C’est quand il souffre que le patient peut venir consulter et ou on pourra débuter un traitement. Isolement social perdure.
- Délire de relation des sensitifs : Survient comme la conséquence compréhensible d’un événement ou d’une situation de conflit social pathogène (sommations d’échecs, de conflits, d’humiliations, d’événements pénibles, de frustration…) Exagération des traits de personnalité avec idées de persécution et de référence. Tonalité affective avec asthénie. Associé à l’anxiété et à des préoccupations hypocondriaques fréquentes. Diffusion limitée au secteur où le délire a prit naissance. L’évolution entraîne parfois la résorption du délire entrecoupée d’épisodes dépressifs. Réactivation à chaque événement ou situation pathogène.
IV) Diagnostic différentiel
De la réaction paranoïaque aiguë :
- BDA
Des paranoïas chroniques :
- Confusion mentale
- Prise de toxiques
- BDA
- Manie délirante
- Toxicomanie
- Pathologie organique
- Schizophrénie
- PHC
- Paraphrénie
I) Définition
C’est d’abord un caractère qui peut se situer dans les limites de la tolérance sociale ou s’en écarter notablement. Il devient pathologique soit par le biais de certains troubles du comportement, soit par son association avec un certain type de délire chronique. Le délire paranoïaque est caractérisé par le développement insidieux d’un système délirant durable, inébranlable, allant de pair avec la conservation de la clarté, de l’ordre dans la pensée, du vouloir et de l’action.
Le caractère paranoïaque est plus fréquent chez l’homme. L’âge du début des manifestations délirantes est aux environs de la quarantaine.
II) Clinique du caractère paranoïaque
Quatre traits fondamentaux :
- Hypertrophie du moi : Trouble majeur. Considéré comme le trouble princeps d’où découlent la psychorigidité, l’obstination, l’intolérance, le mépris d’autrui et le fanatisme. Entraîne un orgueil ambitieux, la vanité (masquée par une fausse modestie superficielle, parfois).
- Méfiance : Prépare les sensations de persécution par autrui et les sentiments d’isolement. Sujet se sent entouré d’un univers malveillant et envieux. Associé à la susceptibilité, à la réticence et à l’hyper-vigilance.
- Fausseté du jugement : Secondaire à la pensée paralogique. Se traduit par des interprétations fausses et un subjectivisme pathologique. Se fonde sur un système où domaine un sentiment de persécution ou de grandeur. Autocritique et doute impossible, autoritarisme et intolérance tyrannique vis-à-vis de l’opinion de l’entourage.
- Inadaptation sociale : Conséquence des trois traits ci-dessus + incapacité à subir une discipline collective. Tendance à l’isolement, à l’égocentricité. Sociabilité faible malgré la présence de mouvements pseudo-altruistes. Attitude globale exaltée, rigide avec un comportement revendicatif, rancunier et quérulent. Réussite sociale parfois surprenante.
Formes cliniques :
- Personnalité paranoïaque de combat : Caractérisée par le fanatisme. Paranoïaque est querelleur et obstiné. Surestimation de soi et méfiance en second plan.
- Personnalité paranoïaque de souhait : Caractérisé par la dominance de l’isolement, de la fausseté du jugement, du sentiment de supériorité (idéaliste, inventeur méconnu).
- Personnalité sensitive de Kretschmer : Personnalité asthénique favorisant un délire paranoïaque de type sensitif :
• Paranoïa : Méfiance présente, susceptibilité à la limite du délire de persécution. Pas d’hypertrophie du moi, il est fragilisé.
• Psychasthénie : Scrupulosité extrême avec sentiment d’insatisfaction globale qui masque l’orgueil et l’ambition. Tendance à l’introspection douloureuse et permanente de la vie affective sans possibilité d’extériorisation (rétention des affects).
• Dépressivité : Asthénie ou hyposthénie au premier plan. Culpabilité domine la lutte intérieure. Si revendications, elles sont de type hypocondriaque.
• Sensitivité : Hyperesthésie des contacts sociaux. Sujet impressionnable. Hyperémotivité ressentie ne débouche sur aucune décharge émotionnelle. Elaboration en profondeur de sa souffrance (silencieuse, sentiment d’échec social).
III) Clinique du délire paranoïaque
Caractères communs de délires :
- Débute sur un terrain caractériel paranoïaque : Quand conflit psychoaffectif d’importance variable.
- Essentiellement interprétatif : Tout est significatif et interprété, ce qui est perçu est revêtu d’une signification sans rapport avec la réalité. Ces interprétations portent autant sur le monde subjectif internet du sujet que sur l’extérieur.
- Logique : Part toujours du réel, les interprétations conservent un caractère vraisemblable si bien que le délire est souvent partagé par l’entourage.
- Systématisé : Car bien construit, stable et soumit à des enrichissements à la faveur d’interprétations délirantes, il s’organise et s’étend mais ne varie pas. Enfin, il est habituellement centré sur un groupe social ou une personne, c’est un délire de relation sociale.
- Chronique : Durée supérieure à 6 mois.
Formes cliniques :
- Délires passionnels : Tous sont caractérisés par une participation émotionnelle, affective et thymique autour d’un postulant de base. Thème prévalent et obsédant relié à un fait déterminé. Il existe une revendication affective ou matérielle (lettres, procès, menaces, etc…). Excitation intellectuelle présente.
• Délire de revendication : Inventeur méconnu, quérulent processif, délire de filiation ou hypocondrie de type persécutif. Sinistre à l’origine du délire. Le sujet va essayer de tirer un maximum de bénéfices de son accident (on lance le système de revendication).
• Délire érotomaniaque : Se développe en trois temps, à savoir l’espoir (attente, cadeaux, lettres), le dépit et la rancune (injures, menaces contre l’objet du désir). Pour le patient, c’est l’objet (qui a un poste ou un statut plus élevé que le patient) qui a commencé. Désir et passion à la base du délire. Lors de la phase de dépit, la revendication est absente, passagère ou secondaire. Les interprétations vont venir renforcer la position passionnelle. Fréquent chez les femmes seules de 40 à 55 ans.
• Délire de jalousie : Début insidieux avec installation d’idée fixe et obsédante confortée par des interprétations. Le sujet cherche continuellement de nouveaux sujets d’inquiétude. La réalité de la conduite du conjoint ne suffit pas à éliminer le diagnostic. Les hommes seraient plus souvent atteints que les femmes. Délire pathologique causé par l’inadéquation de la réaction jalouse (cherche des preuves partout), la projection de ses propres fantasmes sur le tiers du même sexe. Triangulation de la relation permet une relation imaginaire, conflictuelle, homosexuelles où se projettent haine, amour et frustration. Mécanismes interprétatifs et illusions mnésiques (construction de souvenirs). Différent de la pathologie de l’alcoolique chronique, de la schizophrénie paranoïde ou de la démence sénile.
- Délires d’interprétations : Se construisent autour de plusieurs idées qui sont des interprétations centrées sur le fait que tout ce que le sujet perçoit doit avoir une signification qu’il rapporte à sa personne. Le sujet à l’impression qu’on le regarde, qu’on chuchote sur son passage. Puis il élabore des interprétations en système cohérent, remonte le cours de son existence pour y trouver des indices qui lui apparaissent comme des faits significatifs qui lui démontrent la vérité de son système délirant. Peut s’accompagner d’intuitions et d’illusions perceptives corporelles. Phénomènes hallucinatoires exceptionnels. On retrouve trois thèmes majeurs, la persécution, la mégalomanie, les idées de références. Parfois, thématique tellement cohérente que l’entourage prend les mêmes précautions que le délirant (délire à deux, délire induit). Structure se développe en réseau puis la conviction devient absolue. Plus de place pour le doute.
• L’humeur : Peu exaltée. Dans les moments féconds, on peut observer des actes à conséquences médico-légales (plaintes au commissariat, dénonciations, agressions et parfois meurtres du ou des persécuteurs désignés).
• L’évolution : Emaillée de moments féconds avec réactivation du délire, des périodes d’excitation ou de dépression. C’est quand il souffre que le patient peut venir consulter et ou on pourra débuter un traitement. Isolement social perdure.
- Délire de relation des sensitifs : Survient comme la conséquence compréhensible d’un événement ou d’une situation de conflit social pathogène (sommations d’échecs, de conflits, d’humiliations, d’événements pénibles, de frustration…) Exagération des traits de personnalité avec idées de persécution et de référence. Tonalité affective avec asthénie. Associé à l’anxiété et à des préoccupations hypocondriaques fréquentes. Diffusion limitée au secteur où le délire a prit naissance. L’évolution entraîne parfois la résorption du délire entrecoupée d’épisodes dépressifs. Réactivation à chaque événement ou situation pathogène.
IV) Diagnostic différentiel
De la réaction paranoïaque aiguë :
- BDA
Des paranoïas chroniques :
- Confusion mentale
- Prise de toxiques
- BDA
- Manie délirante
- Toxicomanie
- Pathologie organique
- Schizophrénie
- PHC
- Paraphrénie
Thomas- Invité
Re: Paranoïa et délires paranoïaques
Source : Cours de psychologie, Université Paris X Nanterre, Professeur MICHEL.
Thomas- Invité
Re: Paranoïa et délires paranoïaques
Merci de l'info 
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